Le « cauchemar administratif » de la 2e dose de vaccin pour les pharmacies

Une pharmacienne range les flacons vides des vaccins Oxford-AstraZeneca COVID-19 qu'elle a inoculés à ses clients. Jusqu'à maintenant, seul le vaccin AstraZeneca est offert dans certaines pharmacies en Ontario, avec quelques exceptions. © Nathan Denette/La Presse canadienne Une pharmacienne range les flacons vides des vaccins Oxford-AstraZeneca COVID-19 qu'elle a inoculés à ses clients. Jusqu'à maintenant, seul le vaccin AstraZeneca est offert dans certaines pharmacies en Ontario, avec quelques exceptions.

Les pharmacies doivent contacter elles-mêmes les patients pour leur offrir un deuxième rendez-vous de vaccination.

Pour Kyro Maseh, chacune des environ 1100 personnes qu’il a vaccinées contre la COVID-19 dans sa pharmacie de Toronto constitue un grand accomplissement, mais représente aussi d'énormes complications à venir.

M. Maseh et le personnel de sa pharmacie devront contacter chacun des patients qu’ils auront vaccinés une première fois, probablement un par un, pour s'assurer qu'ils reviennent pour obtenir une deuxième dose.

«C'est un cauchemar administratif», déclare le propriétaire de Lawlor Pharmasave, une pharmacie indépendante située sur un tronçon très achalandé de la rue Kingston, dans l'est de Toronto.

«Je dois consulter le profil de chaque patient séparément, cliquer quatre ou cinq fois pour trouver son adresse courriel, lui envoyer un message, puis leur demander de réserver leur deuxième dose de cette façon », ajoute M. Maseh.

En Ontario, les pharmacies peuvent administrer le vaccin AstraZeneca aux personnes de 40 ans et plus. Si elles sont obligées de contacter elles-mêmes les receveurs de vaccins, c’est parce qu'elles ne sont pas autorisées à mener leurs opérations de prise de rendez-vous dans le portail de réservation provincial.

Chaque pharmacie doit plutôt jongler avec trois programmes distincts pour la planification, le suivi et la facturation des vaccins administrés, une série de démarches bien plus compliquée et plus difficile à gérer qu'un système centralisé.

Selon Kyro Maseh, cette approche pourrait semer la confusion au point où certains patients pourraient passer entre les mailles du filet et manquer leur deuxième rendez-vous de vaccination.

M. Maseh prévoit embaucher un nouvel employé uniquement afin de gérer les rendez-vous de vaccination contre la COVID-19. Mais de façon plus globale, il estime que des changements qui faciliteront la prise de rendez-vous pour la vaccination en pharmacie seront nécessaires.

«Si des changements ne se produisent pas, un nombre important de patients n'obtiendra pas de deuxième dose», a-t-il déclaré.

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