Des sentiments mitigés pour un Canadien condamné à mort au Montana

© Fournis par La Presse Canadienne

Ronald Smith semble fatigué.

Malgré de bonnes nouvelles le mois dernier, lorsqu'un projet de loi visant à reprendre les exécutions au Montana a été rejeté de manière inattendue, le Canadien condamné à mort dans cet État est d'humeur sombre.

Smith, originaire de Red Deer, en Alberta, est passible de la peine capitale depuis 1983 pour avoir tué deux jeunes hommes du Montana en 1982.

«Je pensais que nous étions foutus», a-t-il déclaré dans une entrevue avec La Presse Canadienne depuis une prison de Deer Lodge, au Montana.

«Je ne pensais pas qu'il y avait la moindre chance que cela ne soit pas approuvé. Une fois que ma fille l'a appris, je lui ai expliqué quelle route nous allions emprunter et quels seraient les résultats probables. J'étais si sûr que c'était fini.»

Toutes les exécutions sont suspendues au Montana depuis 2015, car l'État exige l'utilisation d'un barbiturique à action ultrarapide, qui n'est plus disponible. Il n'y a pas eu d'exécution au Montana depuis 2006.

La Chambre des représentants du Montana a adopté un projet de loi en février qui aurait modifié le protocole pour inclure toute substance en quantité létale suffisante pour causer la mort. Mais le sénat l'a rejeté à 26 voies contre 24.

La question de l'exécution est susceptible de se poser une nouvelle fois dans deux ans lorsque la législature de l'État se réunira de nouveau.

«De toute évidence, j'en suis content, mais en même temps, ça continue de me traverser la tête. "Oh merde. Je suis à nouveau coincé ici"», a soupiré Smith.

«Beaucoup de gens voient cela et disent: "Au moins, tu es vivant", mais je ne le suis vraiment pas. Je suis juste assis comme une bosse sur une bûche, c'est tout ce que je fais, et après presque 40 ans de cela, tout est préférable.»

Smith, 63 ans, a reformulé sa réponse lorsqu'on lui a demandé s'il préférerait être exécuté.

«Eh bien, peut-être pas préférable, mais ça ne me dérangerait pas. Dès que j'ai entendu ce qui se passait, je l'ai accepté. J'ai dit: "OK, cool. Je n'ai plus à faire face à cette merde."»

«J'étais inquiet pour ma famille parce qu'ils allaient trouver cela difficile. Personnellement, je m'en fiche. J'ai atteint le point où j'en ai assez fait.»

Smith et Rodney Munro, tous deux sous l'effet du LSD et de l'alcool, ont tué par balle deux cousins autochtones près de East Glacier, au Montana, en 1982. Ils ont admis avoir fait marcher Harvey Mad Man, 23 ans, et Thomas Running Rabbit, 20 ans, dans les bois depuis une autoroute. Ils ont tiré une balle dans la tête de chaque homme avec un fusil à canon scié de calibre .22.

Le tribunal a appris que Smith et Munro voulaient voler la voiture des victimes. Smith a également déclaré à l'époque qu'il voulait savoir ce que c'était que de tuer quelqu'un.

On lui a d'abord proposé un accord qui aurait retiré la possibilité de la peine de mort, mais il l'a rejeté. Il a plaidé coupable et demandé à être mis à mort, mais a ensuite changé d'avis. Il a eu cinq dates d'exécution fixées au fil des ans. Chacune a été renversée.

Les familles des victimes ont continué à faire pression pour que Smith soit exécuté.

Munro a accepté l'accord, a finalement été transféré dans une prison du Canada et est libre depuis 1998.

«Il est sorti depuis 23 ans et va bien et je lui souhaite tout le meilleur. Si j'avais accepté cet accord de plaidoyer, alors je serais sorti il y a longtemps. C'est difficile de ne pas avoir cela en tête sur une base assez régulière.»

Smith a dit qu'il n'avait pas de problème à payer pour ses crimes, mais qu'il aimerait être transféré dans une prison au Canada, où il a une fille, deux sœurs, des petits-enfants et un arrière-petit-enfant.

«Je reçois à peu près ce que je mérite pour le crime que j'ai commis», a-t-il déclaré. «Si j'étais dans une position où je pouvais voir ma famille en permanence, alors laissez-moi enfermé. Je m'en fiche.»

«C'est ce que c'est. J'ai commis le crime.»

Bill Graveland, La Presse Canadienne

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