Ni "chaviste", ni "communiste", Pedro Castillo n'importera pas de "modèle" étranger au Pérou

Le président du Pérou, Pedro Castillo, devant ses partisans après avoir reçu ses lettres de créances pour un mandat courant jusqu'en 2026, à Lima le 23 juillet 2021 © Gian MASKO Le président du Pérou, Pedro Castillo, devant ses partisans après avoir reçu ses lettres de créances pour un mandat courant jusqu'en 2026, à Lima le 23 juillet 2021

Le président élu du Pérou, Pedro Castillo, a exclu vendredi toute velléité de copier des "modèles" étrangers, insistant sur le fait qu'il n'était ni "chaviste", ni "communiste".

"Nous allons concevoir un véritable modèle péruvien (...) en respectant le cadre institutionnel", a déclaré l'ancien instituteur et syndicaliste, peu après avoir reçu ses "lettres de créances" du Jury national des élections (JNE).

"Je rejette catégoriquement l'idée que nous allons importer des modèles d'autres pays. Nous ne sommes pas des chavistes (du nom de l'ancien président vénézuélien Hugo Chavez, ndlr), nous ne sommes pas des communistes, nous ne sommes pas des extrémistes, encore moins des terroristes", a ajouté le nouveau président, représentant de la gauche radicale péruvienne.

Keiko Fujimori, lors d'une conférence de presse avant la proclamation des résultats de l'élection présidentielle,  le 19 juillet 2021 à Lima © Juan Carlos GUZMAN Keiko Fujimori, lors d'une conférence de presse avant la proclamation des résultats de l'élection présidentielle, le 19 juillet 2021 à Lima

Pedro Castillo a été proclamé lundi vainqueur de l'élection présidentielle par l'autorité électorale, plus d'un mois après le scrutin du deuxième tour du 6 juin qui l'opposait à la candidate de la droite populiste Keiko Fujimori.

Peu avant l'annonce du résultat définitif, la fille de l'ex-président Alberto Fujimori (1990-2000) a reconnu sa défaite. Elle avait dénoncé jusque-là des "fraudes" et multiplié les recours, demandant l'invalidation de plusieurs dizaines de milliers de voix. 

"J'appelle à l'unité la plus large de tous les partis politiques, de tous les syndicats, de tous les enseignants du Pérou, des organisations syndicales et populaires du pays, de toutes les communautés autochtones, des peuples indigènes", a déclaré M. Castillo, coiffé d'un chapeau blanc typique de sa province natale de Cajamarca (nord).

Pedro Castillo (d), félicité par le président du Comité électoral national, Jorge Salas, avant de recevoir ses lettres de créances pour exercer jusqu'en 2026, le 23 juillet 2021 à Lima © SEBASTIAN CASTANEDA Pedro Castillo (d), félicité par le président du Comité électoral national, Jorge Salas, avant de recevoir ses lettres de créances pour exercer jusqu'en 2026, le 23 juillet 2021 à Lima

La capacité à gouverner représente un défi pour Pedro Castillo, après une campagne électorale polarisée et un quinquennat passé marqué par une forte instabilité institutionnelle.


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