Conventions collectives : les syndicats rejettent l'offre du gouvernement Legault

Les dirigeants des grands syndicats québécois ont rejeté l'offre du gouvernement Legault. © Graham Hughes/La Presse canadienne Les dirigeants des grands syndicats québécois ont rejeté l'offre du gouvernement Legault.

Du « saupoudrage », « des demi-mesures », voire « une opération de communication pour vendre l'inacceptable ». Les dirigeants des grands syndicats québécois ont refusé fermement d'approuver les récentes propositions du gouvernement Legault, après un an et demi de négociations et en pleine urgence sanitaire.

«Le gouvernement persiste et signe avec des offres qui ne permettront pas d’attirer le personnel dans nos établissements», a résumé Sonia Éthier, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

Les dissensions portent notamment sur la bonification des salaires, jugée insuffisante pour les travailleurs de la santé et ceux des régions éloignées.

En exemple, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) a cité une possible augmentation de 5 % salariale sur trois ans, et non 8 % comme l'a annoncé le premier ministre dans son point de presse.

Pour la présidente de l'APTS (Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux), Andrée Poirier, «le gouvernement de la CAQ fait les choses à moitié, il pose les actions en urgence et n'a pas de vision globale».

Les parties syndicales et gouvernementales s'accordent néanmoins sur l'urgence d'agir afin de trouver une entente rapidement, alors que la pandémie continue de mettre à rude épreuve les services publics.

Le premier ministre s'est dit confiant de faire aboutir les négociations «d'ici deux à trois semaines» au moment où le contexte sanitaire rend encore «plus nécessaire de travailler ensemble et de tourner la page de ces conventions collectives [arrivées à échéance le 31 mars 2020]», a-t-il indiqué en point de presse, dimanche.

Le président de la FTQ, Daniel Boyer, entrevoit lui aussi une résolution rapide, mais à condition que «le gouvernement fasse preuve de sagesse et bouge».

«On est tenaces, on est perspicaces, on va tenter de trouver un chemin», a déclaré M. Boyer.

Limites budgétaires

Le premier ministre a opposé aux revendications syndicales les limites budgétaires atteintes par Québec.

«Je pense que c’est important de dire qu’on est au bout de la capacité de payer des Québecois», a défendu François Legault alors qu'il faisait le point, dimanche après-midi, sur l'avancement des négociations avec les dirigeants des grands syndicats québécois.

Cette réunion convoquée au lendemain de la Journée internationale des travailleurs s'est déroulée au Palais des congrès de Montréal, en compagnie de la ministre Sonia LeBel, la présidente du Conseil du trésor.

«Je suis convaincue qu’on a tout ce qu’il faut sur la table pour faire accepter l’entente», a fait valoir Mme LeBel, en citant les avancées auprès de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE) et de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE).

Avant de s'exprimer à la presse, M. Legault et Mme Lebel ont parlé, dimanche, aux dirigeants de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, de la Confédération des syndicats nationaux, de la Centrale des syndicats du Québec, de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec et de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux.

«J'ai senti un climat positif avec les chefs syndicaux», a commenté M. Legault à la suite de cette rencontre, mais avant les réactions publiques des dirigeants syndicaux.

La Fédération autonome de l'enseignement a annoncé vendredi que 88 % de ses membres avaient approuvé l'entente de principe conclue avec le gouvernement sur le renouvellement de la convention collective.

Il y a deux semaines, les représentants de trois syndicats du milieu de la santé avaient demandé au gouvernement de s'asseoir à la table des négociations.

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