L'humour «champ gauche» de Yannick De Martino

«Le premier spectacle d’une série, c’est toujours celui qui me stresse le plus, mais en même temps, celui qui m’emballe le plus, parce que c’est celui que je contrôle le moins», lance Yannick De Martino en entrevue au Soleil. © Michel Grenier «Le premier spectacle d’une série, c’est toujours celui qui me stresse le plus, mais en même temps, celui qui m’emballe le plus, parce que c’est celui que je contrôle le moins», lance Yannick De Martino en entrevue au Soleil.

L'humoriste Yannick De Martino débarque à la salle Albert-Rousseau du 14 au 17 juillet avec son one-man-show Les Dalmatiens sont énormes en campagne pour présenter le fruit de ses réflexions déjantées sur des sujets plus éclatés les uns que les autres.

«Le premier spectacle d’une série, c’est toujours celui qui me stresse le plus, mais en même temps, celui qui m’emballe le plus, parce que c’est celui que je contrôle le moins», lance Yannick De Martino en entrevue au Soleil.

Freiné lui aussi par la pandémie, le comédien et humoriste poursuit la tournée interrompue de son tout premier one-man-show Les Dalmatiens sont énormes en campagne, entamée en 2019. Il y aborde une tonne de sujets comme les voyages temporels et l’anxiété, en passant par quelques souvenirs du secondaire et sa vision de la religion. Son numéro de stand-up se veut «une rencontre parfaite entre une conscience d’adulte et un regard d’enfant ; parce qu’au fond, être un adulte, c’est avoir le privilège de faire des trucs d’enfant tant qu’on le veut», estime-t-il.

Grâce à son imaginaire fertile, Yannick De Martino veut déconstruire les acquis. «L’idée générale du spectacle, c’est le regard de la naïveté volontaire. Je suis quelqu’un qui aime déconstruire les évidences et démontrer que c’est possible de faire le contraire de ce qu’on me dit de faire, soutient l’humoriste dans la trentaine. Après tout, on apprend souvent pour désapprendre».

La loupe unique de De Martino

Yannick De Martino, qui n’est pas un produit de l'École nationale de l'humour, critique en partie le conformisme de l’humour tel qu’on le pratique au Québec. «C’est drôle qu’il existe des conventions précises de ce qu’est un bon numéro. L’humour est un mode d’expression pour lequel tu acceptes que les gens rient à une certaine fréquence. Au-delà de ça, c’est ce que tu veux», croit-il. L’humoriste dit vouloir le prouver à plusieurs reprises dans Les Dalmatiens sont énormes en campagne, notamment en désertant la scène pendant son numéro. Toutefois, malgré ses changements brusques de sujets, Yannick De Martino baigne dans les réflexions d’une singularité étonnante.

L’autodidacte trouve toutefois difficile de décrire son humour :«C’est comme décrire un humain. J’aime bien le terme alternatif parce que je trouve que ça englobe pas mal de trucs. Le qualificatif absurde fait penser à du non-sens et je ne considère pas que c’est ce que je fais.»

Par ailleurs, l’humoriste ne regrette pas sa transition de Juste pour rire pour la boite montréalaise KoScène fondée en 2013. «Je le referais demain matin avec fierté. Je ne regrette pas du tout parce que ce n’est pas un choix professionnel, mais personnel, afin de respecter mes valeurs [lorsque la saga Rozon a éclaté]. Je m’étais associé professionnellement à l’époque sans connaître les êtres humains derrière Juste pour rire et ça m’a appris à dorénavant mieux connaître les personnes avec qui je travaille», estime-t-il avec le recul.

C’est l’auteur-compositeur-interprète Philippe Brach qui signe la mise en scène du spectacle. «Phil est comique et créatif et je voulais quelqu’un qui a de l’instinct et du flair. Pour moi, c’était plus important qu’avoir une expertise en humour et être dans la formule préconçue des gags classiques. Mon style est quand même assez champ gauche et j’ai l’impression qu’on a un esprit assez complémentaire, même si on ne pratique pas la même discipline», explique De Martino.

Des jeux vidéo en parallèle

Vedette de la série télévisée Top Dogs : Homicides ou encore des capsules web de Conférence de presse, Yannick De Martino avait besoin d’un défi supplémentaire. Depuis bientôt un an, il travaille pour la boîte québécoise de jeux vidéo Boréalys, en parallèle à sa carrière d’humoriste. «Je fais de la construction d’univers, j’écris des dialogues, je fais tout ce qui est création au niveau d’un jeu», partage De Martino. Le jeu, présentement en développement, devrait sortir dans un peu moins de deux ans sur toutes les consoles de salon.

«Mon moteur, c’est l’apprentissage et essayer de nouvelles choses. Je veux faire de la création, que ce soit de l’humour, des jeux vidéo, un film ou un roman. Je ne veux donc pas me limiter à une seule carrière», explique-t-il.

L’homme à l’humour déjanté travaille présentement sur une série et pense que son prochain projet pourrait «aussi bien être une bande-dessinée qu’une invention bizarre».

Après les spectacles de juillet, Yannick De Martino offrira également deux prestations les 9 et 10 août prochains à la Salle Albert-Rousseau.

L'humour «champ gauche» de Yannick De Martino