​Gouverneure générale - La nomination de Mary Simon fait l’objet de 200 plaintes au Commissaire aux langues officielles

La gouverneure générale, Mary Simon, avec le premier ministre, Justin Trudeau, au Musée canadien de l'histoire à Gatineau. © Sean Kilpatrick La Presse canadienne La gouverneure générale, Mary Simon, avec le premier ministre, Justin Trudeau, au Musée canadien de l'histoire à Gatineau.

Le commissaire fédéral aux langues officielles a reçu près de 200 plaintes de citoyens insatisfaits de la nomination de la gouverneure générale Mary Simon, qui ne maîtrise pas le français.

Le commissaire Raymond Théberge a confirmé au Devoir que « cela constitue un nombre important de plaintes concernant cette nomination. » L’essentiel de ces plaintes auraient été formulées après que Radio-Canada eût rapporté mardi que 59 personnes avaient alors contacté le chien de garde du bilinguisme institutionnel d’Ottawa pour cette raison.

Mary Simon, leader inuite originaire du grand nord québécois, a été nommée au poste de gouverneure générale du Canada le 6 juillet. Dans son discours, la femme de 73 ans a précisé qu’elle comptait apprendre le français au cours de son mandat.

« Je suis bilingue, mais en inuktitut et en anglais. C’est parce que j’ai grandi au Québec qu’on m’a refusé la possibilité d’apprendre le français pendant mon séjour dans les externats fédéraux », a-t-elle alors précisé, dans la langue de Shakespeare.

Le fait qu’elle ne maîtrise pas le français a suscité des critiques, tant au Québec qu’auprès des minorités francophones du reste du pays. « Comment donc un premier ministre peut […] envisager qu’il soit de bon aloi de nommer une gouverneure générale qui ne pourra s’adresser à plus de huit millions de citoyens francophones du Canada », a demandé le sénateur conservateur québécois Claude Carignan, le jour de sa nomination.

Dans une déclaration, le commissaire Raymond Théberge s’est abstenu de toutes critiques envers la nouvelle représentante de la Couronne au Canada.

« Je comprends que nous sommes à un moment important de l’histoire de notre pays et que la nomination d’une gouverneure générale autochtone est un pas important vers la réconciliation. Je pense que sa perspective et son expérience lui permettront sans aucun doute de contribuer à la protection des langues autochtones et des langues minoritaires dans tout le pays, ce qui inclut nos communautés de langue officielle en situation minoritaire », écrit-il.

M. Théberge a toutefois ajouté que « [les] communautés de langue officielle en situation minoritaire sont de plus en plus diversifiées, et que l’inclusion et le respect des deux langues officielles sont loin d’être des notions mutuellement exclusives. »

Mary Simon deviendra officiellement gouverneure générale du Canada le 26 juillet. Une cérémonie d’installation aura lieu à sa résidence officielle d’Ottawa, Rideau Hall, pour souligner son arrivée.

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