Emploi : une baisse de 21 % parmi le personnel des services de garde entre 2020 et 2021

La baisse des inscriptions fait partie des causes de la situation, selon des experts. (Archives) © /iStock La baisse des inscriptions fait partie des causes de la situation, selon des experts. (Archives)

« Une baisse de l'emploi de 21 % a été enregistrée parmi le personnel des services de garde d'enfants de février 2020 à février 2021 », peut-on lire dans une étude publiée par Statistique Canada cette semaine.

Dans l'étude intitulée Le personnel des services de garde d'enfants au Canada, Statistique Canada indique que le déclin du travail en garderie a été plus marqué que le déclin de l'emploi en général au Canada au cours de la même période.

Les chercheurs soutiennent que les services de garde d'enfants font partie des professions disproportionnellement touchées » par la pandémie. Les experts, quant à eux, ne se disent pas surpris par ces résultats et craignent que les travailleurs des services de garde qui ont quitté le secteur n’y reviennent pas.

Alors que les écoles et les centres de la petite enfance ont commencé à fermer à la suite de la mise en œuvre des mesures de santé publique, l’emploi chez les travailleurs des services de garde d’enfants a reculé de 21 % en mars 2020. Ce recul a été suivi d’une baisse de 19 % en avril», peut-on lire dans l’étude.

L’emploi a commencé à reprendre en juin 2020, en raison de l’assouplissement des restrictions, et cette reprise s’est poursuivie jusqu’à la fin de l’année. La tendance s’est inversée en janvier 2021 et, en février, l’emploi chez les travailleurs des services de garde d’enfants était inférieur de 21 % au niveau enregistré avant la pandémie, c’est-à-dire en février 2020.»

Pour le Canada dans son ensemble, l’emploi était inférieur de 3 % pendant la même période.»

L'étude souligne que 96 % des travailleurs en garderie sont des femmes et sont un peu plus jeunes en moyenne que le reste de la population active. Environ un sur quatre a un diplôme d'études collégiales, et selon le recensement de 2016, environ un tiers sont des immigrants ou des résidents non permanents, alors qu'ils représentent un quart des travailleurs dans d'autres professions.

L'Enquête sur la population active de 2019 a révélé que près de 302 000 personnes travaillaient dans des services de garde d'enfants au Canada, ce qui représente 1,8 % de la population active totale.

Moins d'enfants inscrits

Selon David Macdonald, économiste au Centre canadien de politiques alternatives à Toronto, ces statistiques ne sont pas surprenantes.

Elles sont probablement étroitement liées à la forte baisse des inscriptions que connaissent les garderies et les sites de garde en milieu familial», a déclaré M. Macdonald.

Il y a tout simplement beaucoup moins d'enfants dans les garderies aujourd'hui qu'avant la pandémie. Par conséquent, il est probable que des travailleurs soient mis à pied parce qu'il y a moins d'enfants à garder.»

M. Macdonald ajoute que la chute la plus importante des inscriptions, dans certains cas jusqu'à 50 %, apparaît dans les garderies où les frais sont les plus élevés.

Au cours de la pandémie, si quelqu’un a été mis à pied une ou deux fois, il n'est peut-être pas surprenant que cette personne cherche à changer de carrière.»

Selon lui, une pénurie de personnel dans ce milieu pourrait constituer un véritable frein» à la reprise économique.

Stressés et épuisés

Alana Powell, coordonnatrice exécutive de l'Association of Early Childhood Educators of Ontario, a déclaré que le travail n'est pas assez bien rémunéré compte tenu des responsabilités qu'il implique. Les données de 2015 montrent que ces travailleurs gagnaient moins de la moitié du revenu national moyen, soit 24 100 $ par an.

Les éducateurs sont stressés et épuisés», a déclaré Mme Powell.

Les bas salaires, l'absence de régimes de rémunération complets, les environnements de travail difficiles - en réalité, il ne s'agit pas d’un travail décent», a-t-elle ajouté.

Selon Mme Powell, les travailleuses en garderie ont besoin d'un soutien et d'une compensation appropriés si elles veulent retourner dans le secteur.

Au début de l'année, le gouvernement fédéral a promis d'investir 30 milliards de dollars dans un programme national de garde d'enfants qui permettrait de ramener les coûts à 10 dollars par jour. Selon les données du budget fédéral, les sept coûts médians les plus élevés pour les services de garde dans tout le Canada se trouvent tous dans la région du Grand Toronto.

Caitlin Clark, porte-parole du ministre de l'Éducation Stephen Lecce, a déclaré dans un courriel samedi que le gouvernement de l'Ontario a investi plus de 2 milliards de dollars dans ses programmes de services à la petite enfance et de garde d'enfants cette année.

Notre gouvernement apprécie les travailleurs dévoués des services de garde d'enfants de toute la province, y compris les éducateurs de la petite enfance agréés, et reconnaît leur travail acharné sur les lignes de front de cette pandémie, contribuant à soutenir les enfants dans les premières années et à les garder en sécurité», a déclaré Mme Clark dans le courriel.

Avec les informations de CBC News

Emploi : une baisse de 21 % parmi le personnel des services de garde entre 2020 et 2021