Amnistie fiscale pour la maison de Brian Pallister au Costa Rica

Vue extérieure de la propriété du premier ministre du Manitoba Brian Pallister, à Tamarindo au Costa Rica. © /Jimaco Constructores Vue extérieure de la propriété du premier ministre du Manitoba Brian Pallister, à Tamarindo au Costa Rica.

Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, a bénéficié d'une mesure d'amnistie fiscale pour des sommes qu’il devait au gouvernement du Costa Rica. Les impôts fonciers en souffrance étaient liés à la propriété qu'il possède dans ce pays d'Amérique centrale.

La liste des entreprises et des individus bénéficiaires de l’amnistie accordée en 2018 a été publiée par le gouvernement du Costa Rica en 2019. Le premier ministre n’avait jamais dévoilé qu’il en avait bénéficié.

Cependant, la société de portefeuille contrôlée par Brian Pallister et qui est propriétaire de sa maison de vacances figurait sur la liste.

Le programme accordait une amnistie de plus de 80 % des impôts et de l’intérêt dus si la somme était remboursée entre décembre 2018 et mars 2019.

CBC/Radio-Canada a joint la porte-parole du premier ministre au début de janvier pour poser des questions concernant cette amnistie fiscale. Cinq mois plus tard, Brian Pallister affirme qu’il ignorait son existence.

Tout allégement fiscal fourni par un programme d’amnistie aurait vraisemblablement été offert automatiquement par le gouvernement costaricain, puisque le premier ministre n’a pas demandé de faire partie d’un tel programme», indique dans une déclaration la porte-parole de Brian Pallister, Olivia Billson.

Les mise en vigueur d’un programme d’amnistie ou les changements au montant facturé et payé par le premier ministre ne lui ont pas été transmis», poursuit-elle.

Le programme d’amnistie a été conçu pour encourager des milliers de personnes au Costa Rica à payer des impôts dus au gouvernement avant le 1er octobre 2017.

La liste publiée par le Costa Rica en 2019 ne montre pas quelle somme Brian Pallister devait au gouvernement en impôts non payés. Elle indique seulement la somme qu’il a versée dans le cadre du programme, soit environ 4000 $.

Il pourrait s’agir de sa dette pour la taxe de luxe ou de celle provenant d’un autre impôt fédéral que Brian Pallister devait au gouvernement du Costa Rica.

Le premier ministre est évasif, selon le NPD

La porte-parole du premier ministre a déclaré que Brien Pallister ne pouvait fournir de clarification parce qu’il ne savait même pas qu’il a participé au programme.

Le chef du Nouveau Parti démocratique du Manitoba, Wab Kinew, affirme qu’il s’agit d’une déclaration conforme» à l’attitude de Brian Pallister sur cet enjeu.

Tant que le premier ministre continue d’être évasif et de ne pas expliquer la situation, cet enjeu continuera d’être une distraction», ajoute Wab Kinew.

Des questions entourant le temps passé par Brian Pallister au Costa Rica surviennent périodiquement depuis 2016, quand une enquête de CBC/Radio-Canada a montré qu’il y avait passé un jour sur cinq lorsqu’il était chef de l’opposition officielle.

Plus récemment, la controverse entourait la taxe sur les résidences de luxe. Depuis 2009, le gouvernement du Costa Rica impose une taxe aux maisons dont la valeur de construction est de 230 000 $ et plus.

Vue de la maison de Brian Pallister au Costa Rica. © Jimaco Constructores Vue de la maison de Brian Pallister au Costa Rica.

Cet impôt doit permettre de subventionner des logements pour les personnes à faible revenu. Un propriétaire qui n'acquitte pas cet impôt pourrait devoir payer une pénalité pouvant atteindre 10 fois la somme initialement prévue.

Brian Pallister n’a pas mentionné cette amnistie lors de deux entrevues accordées à La Presse canadienne en 2018 et en 2019 au sujet de la taxe sur les résidences de luxe qu’il devait présumément au gouvernement.

Brian Pallister et sa femme ont acheté la propriété en 2008. Le bâtiment principal est un bungalow de 1036 mètres carrés.

Le professeur émérite de sciences politiques à l’Université du Manitoba, Paul Thomas, affirme qu’il n’y a aucun mal à ce que Brian Pallister profite d’une amnistie fiscale légale, mais se demande pourquoi le premier ministre n’est pas en mesure d’établir les faits, pour se débarrasser de ces questions.

Vu que c’est devenu un enjeu d’envergure pour le public, est-ce qu’il a un devoir de s’informer sur ce qui est fait en son nom? [...] Je dirais que comme précaution, sur le plan politique, il aurait intérêt à le faire», estime Paul Thomas.

Plus de 14 000 entreprises et individus ont bénéficié du programme d’amnistie fiscale et plus de 400 millions de dollars en impôts non payés ont été annulés, selon le gouvernement du Costa Rica.

Avec les informations de Kristin Annable et de la Presse canadienne

Amnistie fiscale pour la maison de Brian Pallister au Costa Rica