Danault a défini son rôle cette saison avec le Canadien, espère être de retour

© Fournis par La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Parmi tous les joueurs du Canadien qui pourraient devenir autonomes sans compensation lors de l'ouverture du marché à midi le 28 juillet, le dossier du joueur de centre Phillip Danault sera sans doute celui qui retiendra le plus l'attention à Montréal.

Le joueur de centre a joué un rôle déterminant dans le parcours éliminatoire du Tricolore, après avoir été opposé plus souvent qu'autrement aux meilleurs éléments des équipes adverses — on n'a qu'à penser à Auston Matthews, Mitchell Marner, Mark Scheifele, Blake Wheeler, et compagnie. 

La saison de Danault n'a pas commencé comme un conte de fées. Bien au contraire. À ce sujet, il n'a pas caché que sa situation contractuelle l'avait affecté au départ — il avait d'ailleurs dû attendre au 25e match de la campagne avant de trouver le fond du filet adverse pour la première fois. 

Le choix de première ronde, 26e au total, des Blackhawks de Chicago lors du repêchage de la LNH en 2011 a souligné à ce sujet qu'il avait été ébranlé par le fait que la nouvelle selon laquelle il avait refusé une offre du CH en début de saison avait été coulée dans les médias. 

«J'étais inquiet du rôle qu'allaient éventuellement jouer 'Suze' (Suzuki) et 'KK' (Kotkaniemi), mais je crois qu'on voit à travers la ligue que si tu veux gagner, alors il te faut trois joueurs de centre de qualité — c'était le cas pour les Islanders de New York et nous-mêmes cette année —, ainsi que des joueurs qui excellent dans les deux sens de la patinoire. Ç'a joué un rôle (dans mon rendement en début de saison), mais j'ai trouvé mon style de jeu, je sais qui je suis et je sais ce que je peux apporter à une équipe. Et je sais que je peux gagner. Ç'a donc été une grosse année, personnellement et collectivement, avec l'équipe.»

Danault a donc fait contre mauvaise fortune, bon coeur. 

«Ça m'a affecté, parce que je ne jouais pas bien, je ne jouais pas mon meilleur hockey à ce moment-là. C'était difficile, mentalement. Mais vous savez quoi? Ça m'a permis de devenir plus fort mentalement. C'est vraiment selon moi la raison pour laquelle je jouais si bien en séries éliminatoires. J'avais l'impression que rien ne pouvait m'arrêter», a-t-il évoqué.

Quant à savoir où en étaient les négociations pour le renouvellement de son contrat avec la direction du club montréalais, Danault est demeuré évasif.

«J'étais tellement concentré sur le hockey que je n'ai même pas parlé à mon agent encore de ce qui allait se passer dans le futur. Je suis vraiment dans le moment présent, avec les 'boys', donc je n'y ai pas encore pensé», a-t-il indiqué. 

Avant de quitter, le no 24 s'est toutefois assuré qu'on sache qu'il avait le CH tatoué sur le coeur. 

«J'adore Montréal. J'aurai toujours le Canadien sur le coeur. Nous sommes très ouverts... mais comme je l'ai dit, je n'ai pas eu le temps de 'dégazer' des séries éliminatoires, a répété le principal intéressé. Mais je pense que mon jeu en séries va m'aider pour mon contrat. Ç'a juste confirmé le joueur que je suis, celui que je peux être chaque soir, et ma force mentale. Ce sont toutes des choses qui s'ajoutent à mon C.V.»

«Tu ne peux pas gagner sans des joueurs comme Danault»

Au-delà des performances sportives, la valeur de Danault est hautement symbolique pour le Canadien. Surtout dans le contexte où l'avenir de l'attaquant Jonathan Douin avec le club semble plus qu'incertain. 

D'abord, parce qu'il était le seul joueur québécois à avoir porté l'uniforme tricolore pendant la série finale de la Coupe Stanley. Une source de fierté pour le hockeyeur âgé de 28 ans.  

«C'était une année tellement spéciale, et c'était la cerise sur le sundae d'être le seul Québécois à représenter le Canadien en finale de la Coupe Stanley, a-t-il reconnu en visioconférence, vendredi matin. Ç'aurait été le 'fun' de pouvoir compter sur d'autres Québécois... Mais gagner à la Saint-Jean-Baptiste, contre Vegas, c'était juste exceptionnel comme moment. Mémorable. On aurait aimé ramener la coupe Stanley, mais de manière générale je suis vraiment fier de tous les gars, et des rôles qu'ils ont tous accepté de jouer. C'est comme ça que tu peux gagner.»

Puis, parce que sans sa contribution au cercle des mises en jeu, le CH n'aurait probablement jamais pu se rendre aussi loin en séries éliminatoires cette saison.

Certes, sa contribution offensive n'est pas particulièrement impressionnante — il a conclu son parcours éliminatoire avec un but et trois mentions d'aide en 22 parties —, mais il apporte beaucoup plus sur la patinoire. Ses coéquipiers sont là pour en témoigner. 

Le vétéran Eric Staal s'est dit très impressionné par le travail acharné du joueur de centre originaire de Victoriaville, dont le style de jeu ressemble selon lui à celui de son frère.

«Tu ne peux pas gagner sans des joueurs comme Phillip Danault, a dit Staal sans détour. C’est tellement important pour une équipe. Je dirais la même chose de mon frère Jordan (Staal). Il a eu des séries phénoménales, c’est une bonne personne et un bon coéquipier. Évidemment, son avenir est incertain, mais l’organisation serait très chanceuse s’il revenait.»

Son coéquipier Tyler Toffoli a également vanté son attitude dans le vestiaire.

«Il se présente chaque soir sur la patinoire. Mais vous ne le côtoyez pas au quotidien. C'est un très bon coéquipier, il est très drôle, il est toujours de bonne humeur. C'est à l'image de notre groupe. Il a totalement sa place ici», a évoqué le meilleur marqueur du CH en saison régulière.

Danault, qui a marqué le parcours éliminatoire du Bleu-blanc-rouge en dégustant de la pizza pendant les visioconférences d'après-match chaque soir d'élimination, a admis en ce sens qu'il avait reçu des offres de différentes entreprises. 

«Mais j'estimais que ce n'était pas le bon moment pour accepter leurs offres. Ceci étant dit, je suis ouvert à le faire maintenant», a -t-il confié, le sourire accroché au visage. 

Ils ont dit, en vrac, lors du bilan de fin de saison: 

- Corey Perry, sur la possibilité de revenir à Montréal l'an prochain

«J’ai l’intention de jouer l’an prochain. Il reste encore beaucoup de bon hockey en moi. J’adorerais revenir. À tous les joueurs, qui considèrent Montréal comme destination, c’est tout ce que vous pourriez imaginer. C’est une organisation de première classe. J’ai adoré mon séjour.»

- Jeff Petry est revenu sur l'horrible blessure qu'il a subie lorsqu'il s'est coincé la main dans l'orifice de la baie vitrée pour les photographes lors de la série contre les Jets de Winnipeg. 

«C’était seulement mon petit doigt qui est rentré dans la baie vitrée. Mes yeux étaient rouges parce que je me suis évanoui quand ils ont remplacé mon doigt pour mettre le plâtre. Ça a fait éclater tous les vaisseaux sanguins dans mes yeux.»

- Josh Anderson refuse de se laisser démoraliser, et croit que le Canadien sera un prétendant au titre encore l'année prochaine.

«Ça laisse un goût amer quand  tu vois des gars comme Shea Weber et Carey Price. C’était dévastateur. Nous étions à trois victoires de gagner la Coupe Stanley. Nous allons revenir plus forts, je crois en cette équipe.»

- Le défenseur Joel Edmundson n'a pas tari d'éloges envers Brendan Gallagher.

«Il incarne le genre de joueur contre qui tu détestes jouer, mais que tu adores avoir comme coéquipier. À chaque partie, il a eu une nouvelle blessure de guerre. Ce n’est pas le plus gros joueur, mais il joue comme s’il faisait six pieds, trois pouces.»

- Nick Suzuki, qui a développé une belle chimie avec son jeune coéquipier, Cole Caufield. 

«Ç'a été super amusant d'apprendre à le connaître, d'apprendre à jouer avec lui. Nous nous amusons beaucoup ensemble à l'extérieur de la patinoire... Il peut exécuter tous les jeux, et il s'est amélioré de match en match.»

- Joel Armia, qui a appris qu'il avait reçu un deuxième diagnostic positif à la COVID-19 avant la série finale.

«C'était assez fou lorsque j'ai appris la nouvelle de savoir que je ne pourrais accompagner l'équipe (à Tampa). Je ne pouvais pas le croire... Ç'a été de véritables montagnes russes émotives.»

Avec la contribution de Félix Desjardins

Alexandre Geoffrion-McInnis, La Presse Canadienne

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