Coeur et AVC: la télémédecine est là pour rester

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Avec la crise sanitaire sont venues toutes sortes de nouvelles façons de faire dans les différentes sphères de la société, y compris la médecine, notamment avec la pratique de la télémédecine. Selon un sondage de la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC (Coeur + AVC), cette pratique est là pour rester, un avis que partage le neurologue à l’hôpital de Chicoutimi et directeur du programme AVC du CIUSSS régional, Michel Beaudry.

La fondation a sondé 3000 personnes ayant subi un accident vasculaire cérébral (AVC) ou vivant avec une maladie cardiaque et plus de la moitié des répondants ont dit souhaiter continuer d’avoir des rendez-vous virtuels. En fait, huit personnes sur dix confirment que cette formule est pratique, leur permettant de poser des questions et d’obtenir des réponses.

Le nombre de personnes ayant participé à des rendez-vous virtuels a augmenté au cours de la dernière année, passant d’environ cinq personnes sur dix au début de la pandémie à environ huit sur dix au printemps 2021.

Les soins de santé virtuels ont permis de réduire les temps d’attente et d’améliorer l’assiduité des patients selon des études préliminaires de la fondation. De plus, ils permettent d’inclure plus facilement les aidants dans le processus de consultation.

De nombreux avantages

Bien sûr, la télémédecine ne peut pas être la solution à tout, mais elle offre de nombreux avantages, autant pour les patients que les médecins. Du côté des patients, le docteur Beaudry y voit surtout un plus pour les gens qui habitent loin des grands centres.

Le docteur Michel Beaudry, neurologue à l’hôpital de Chicoutimi. © ARCHIVES LE QUOTIDIEN, JEANNOT LÉVESQUE Le docteur Michel Beaudry, neurologue à l’hôpital de Chicoutimi.

« Il y a des gens qui sont à deux heures de l’hôpital et qui ont de la difficulté à se déplacer. Pour eux, c’est une journée complète pour rencontrer un médecin pour quelques minutes de suivi. Oui, il y a une limite à ce qu’on peut faire. On ne peut pas écouter le coeur, toucher l’abdomen ou prendre la pression, mais on peut faire près de 50 % de nos consultations par télémédecine. »

La télémédecine permet aussi l’accès à un médecin plus facilement en cas d’urgence. « Les spécialités sont concentrées à Chicoutimi. Si un patient est à Dolbeau un 25 décembre à 2h du matin, on peut l’examiner à distance et décider si un traitement d’urgence ou un transfert est nécessaire en moins de 15 minutes. Avant, le patient aurait été transporté jusqu’à Chicoutimi avant d’être examiné par un spécialiste. Si on fait un calcul rapide, ce sont six millions de neurones qui meurent chaque minute. Si on intervient 90 minutes plus rapidement, on peut sauver des séquelles importantes, voire même une vie. »

Cependant, Michel Beaudry avoue que cette pratique n’est pas adaptée à tous les patients, notamment en raison des technologies, avec lesquelles les personnes âgées ont parfois moins d’aisance, bien qu’un peu plus de la moitié des répondants disent se sentir compétents ou très compétents en ce qui a trait à l’utilisation de la technologie requise.

« La moyenne d’âge d’une personne qui fait un AVC est de 75 ans. C’est parfois un peu plus difficile avec les visioconférences et c’est ce qu’on nous demandait, mais la technologie ne le permettait pas toujours. On s’est tourné vers le téléphone dans certains cas et il peut aussi très bien servir quand ce n’est que pour poser quelques questions. »

Coeur et AVC: la télémédecine est là pour rester