Alexandre Barrette de festivalier à artiste invité au FEQ

L’humoriste Alexandre Barrette a grandi avec le Festival d’été de Québec. © JOCELYN MICHEL L’humoriste Alexandre Barrette a grandi avec le Festival d’été de Québec.

Petit, Alexandre Barrette se souvient d’avoir profité du Festival d’été de Québec (FEQ) de l’endroit le plus sécuritaire qui soit pour un gamin : bien installé sur les épaules de son père. L’humoriste natif de la capitale s’apprête à renouer avec l’événement, mais sur les planches, alors que le rendez-vous ouvre ses portes à des comiques pour la première fois, le 12 juillet.

Alexandre Barrette ne le cache pas : il a été bien surpris quand l’invitation du FEQ lui est venue. Surpris et fort heureux. 

«Pour moi, le Festival d’été de Québec, c’est musical, résume-t-il. J’étais vraiment excité qu’il y ait deux shows d’humour, avec Mehdi Bousaidan et moi. Ils voulaient un petit volet humoristique et moi, je trouvais ça fou de voir mon nom dans la programmation du FEQ, qui est une institution au Québec.»

Alexandre Barrette a grandi dans la capitale à une époque où le festival se déployait à une autre échelle. «Quand j’étais jeune, j’y allais beaucoup avec mes parents, raconte-t-il. On y est allé vraiment souvent quand la programmation était plus locale. Je me souviens d’un spectacle de Michel Rivard, je pense que c’était à la place d’Youville. Il y avait du monde à l’infini. Je me souviens d’avoir passé le show sur les épaules de mon père, qui est probablement l’endroit le plus safe au monde pour un petit gars de sept ou huit ans.»

À l’âge adulte, l’humoriste est revenu à l’occasion profiter du FEQ, quand son horaire de tournée le permettait. Il évoque notamment le passage sur les plaines d’Abraham de la formation Weezer, qu’il apprécie depuis l’adolescence.

«C’est devenu un mégaévénement, c’est cool, observe Barrette. Mais j’aimais aussi l’aspect plus artisanal d’avant. On était plus dans la découverte. Maintenant, les gens vont aller voir Metallica ou Lorde, des méganoms. Avant, ils pouvaient se rassembler en ville sans nécessairement connaître la programmation. C’était une ambiance généralisée au centre-ville de Québec qui était vraiment cool. Il y a encore ça quand même. Mais c’est devenu autre chose.»

Weezer sur les Plaines en 2013. © PHOTOTHÈQUE LE SOLEIL, ERICK LABBÉ Weezer sur les Plaines en 2013.

L’humoriste salue l’attachement des citoyens de Québec envers leur festival et la folie des spectateurs prêts à dormir à l’entrée des Plaines pour voir leur idole de près le lendemain soir… Mais pas de là à les imiter!

«C’est un dévouement dans lequel je ne suis pas prêt à aller! confirme-t-il. Quand j’avais vu Weezer, j’avais vraiment capoté. C’est un groupe que j’aime depuis le secondaire. Mais avoir 100 mètres de moins de distance entre moi et le stage, ça ne vaudra jamais pour moi huit heures d’attente. J’entretiens la même relation avec Chocolats Favoris. Autant j’aime la crème glacée, autant je n’attendrai jamais une heure pour une crème glacée. Ce n’est pas vrai, je n’ai pas cet engagement-là. Mais je trouve ça beau, par contre!»

L’euphorie du fil d’arrivée

S’il a été privé des planches par la pandémie, Alexandre Barrette, qui tourne actuellement son troisième solo, Semi-croquant, se considère privilégié d’avoir pu continuer à travailler à la radio pendant les périodes de confinement.

«J’ai plein d’amis qui l’ont eu rough, avance-t-il. J’ai des chums qui se sont réorientés, des humoristes qui se sont dit : “Peut-être que je recommencerai ça dans deux ou trois ans, mais là, j’ai une famille et une hypothèque...” J’ai des chums qui sont allés travailler dans la construction, par exemple. La radio, ça m’a permis d’avoir une sécurité financière, mais ça m’a aussi sauvé. J’ai vraiment trouvé ça stimulant de pouvoir continuer à travailler tous les jours. Même si ç’a été une période un peu weird

L’humoriste et animateur décrit les collègues au boulot dans des lieux distincts, puis l’apparition des panneaux de plexiglas en studio… Pour lui, le jeu en valait la chandelle.

«D’avoir pu parler aux gens et avoir une relation avec les auditeurs, ça m’a fait passer à travers tout ça avec pas mal plus de facilité», reprend celui qui dit avoir trouvé particulièrement pénible d’être coupé de sa famille.

«Ç’a été excessivement difficile de ne pas voir mes parents, dont je suis très proche, confie-t-il. Je suis allé à Québec l’été dernier. Pour moi, c’était insensé de ne pas prendre ma mère dans mes bras. Sur le coup, tu te dis que tu n’as pas le choix. Mais avec le recul, je me suis rendu compte que j’ai trouvé ça dur. Je suis euphorique qu’on soit presque au fil d’arrivée.»

La pandémie a aussi remis certaines choses en perspective pour le comique, qui a retrouvé la scène avec un plaisir décuplé. Il cite ce spectacle donné à L’Anglicane devant une quarantaine de spectateurs masqués.

«Nos standards évoluent, note-t-il. Quand j’ai commencé, je jouais dans les bars devant 12 personnes et j’étais heureux. Mais à un moment, tu goûtes à de grandes salles comme Albert-Rousseau, parfois pleines. Revenir à 40 personnes, j’aurais peut-être trouvé ça décevant, avant. Mais là, ça faisait tellement longtemps que je n’avais pas fait de shows...

«Ce que la pandémie a changé pour moi, c’est que ça me redonne de l’appréciation pour ce que je fais, ajoute Alexandre Barrette. Pas que je l’avais perdue, mais ça rebooste tout ça. Et ça me donne de la gratitude de pouvoir refaire mon métier. J’ose espérer que ça ne sera pas éphémère. Je ne suis pas quelqu’un de blasé. Mais je voudrais que cette excitation de monter sur scène, peu importe les conditions ou le nombre de personnes dans la salle, puisse durer encore une couple d’années.»

Alexandre Barrette se produira au Manège militaire le 12 juillet à 18h30. Il sera suivi à 21h30 de son confrère Mehdi Bousaidan.

Alexandre Barrette de festivalier à artiste invité au FEQ