​ - Pour The Damn Truth, le rock remplace la méditation

Les membres du groupe de rock montréalais The Damn Truth dans leur local de répétition © Valérian Mazataud Le Devoir Les membres du groupe de rock montréalais The Damn Truth dans leur local de répétition

C’est un cliché, mais écrivons-le quand même, parce qu’il porte sa part de vérité : pour devenir une rock star, rien n’est plus efficace que d’avoir l’air d’une rock star. Voilà une leçon qu’a visiblement bien assimilée la chanteuse de The Damn Truth, Lee-la Baum, que nous joignons tôt, en visioconférence, dans le local de répétition verdunois du groupe.

L’heure est matinale, mais la femme dans notre écran n’est pourtant pas vêtue en mou, plutôt comme si un régisseur s’apprêtait à la convier sous les projecteurs, avec sa robe à gogo, ses colliers nombreux et ses bagues à grosses pierres. La totale, quoi. Même pour une simple entrevue.

« C’est vraiment comme ça que je les imaginais », nous écrivait en voyant la photo qui accompagne cet article une collègue qui se plaît depuis plusieurs années à se brasser la crinière au son de leurs refrains aussi fédérateurs que référentiels, ayant élu domicile sur les ondes de CHOM. Avec cette bombastique section rythmique à la Led Zep (PY Letellier, basse, Dave Traina, batterie) et cette voix qui aurait permis à Lee-la de regarder le Joe Cocker des belles années droit dans les yeux, la formation semble en fait avoir été spécialement créée en laboratoire pour le 97,7 FM.

En plus d’une indéniable richesse vocale, Lee-la partage d’ailleurs avec le défunt mad dog anglais une propension à la contorsion faciale lorsqu’elle se trouve complètement enivrée par la fièvre d’un couplet ou des prouesses guitaristiques de son amoureux Tom Shemer. Autrement dit : c’est la brûlante intensité de ses performances qui sauvent The Damn Truth de la caricature, qui guette toujours pareil exercice empruntant au passé.

Lee-la rit alors que nous évoquons ses mimiques scéniques. « Après quatre années de tournée [depuis Devilish Folk, en 2016] dans toutes sortes de conditions, j’ai dû récemment commencer à suivre des cours de chant [pour éviter les blessures]. Ça demande beaucoup de concentration, donc peut-être que les prochains spectacles seront un peu moins… grimacés ? » dit-elle dans un français cassé, mais volontaire. « On n’est pas très forts sur la méditation ou le yoga, mais pour nous, jouer ensemble, c’est une façon de deal with all the crap in our life. C’est notre méditation à nous. »


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