Les hauts et les bas de l’école à la maison

Le nombre d’élèves retirés des écoles pour être scolarisés à la maison par leurs parents — sans l’aide d’un enseignant — a plus que doublé dans la dernière année (en passant de 5974 à 13 445). © Jacques Nadeau Le Devoir Le nombre d’élèves retirés des écoles pour être scolarisés à la maison par leurs parents — sans l’aide d’un enseignant — a plus que doublé dans la dernière année (en passant de 5974 à 13 445).

L’engouement pour l’école à domicile, fouetté par la pandémie, risque d’être passager. Un nombre record de parents ont décidé depuis un an de sortir leurs enfants de l’école pour les scolariser eux-mêmes à la maison, loin des risques de propagation du virus, mais ils se heurtent à une série de difficultés, ont constaté des chercheuses en éducation.

Devant l’explosion du nombre d’enfants scolarisés à la maison, une équipe de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) a lancé un projet pour accompagner six familles qui venaient de se lancer dans l’enseignement à domicile. Les chercheuses ont observé que la détermination des parents est mise à l’épreuve par les difficultés à répondre aux exigences du ministère de l’Éducation.

« On a constaté que les parents ne sont pas nécessairement prêts pour ce projet de vie. Ça nécessite beaucoup d’adaptation. On a vu tous les défis que ça comporte », dit Émilie Tremblay-Wragg, professeure au Département de didactique de l’UQAM. Elle a présenté son projet de recherche sur l’école à domicile au 88e congrès de l’Acfas, la semaine dernière.

 

Quand la pandémie a entraîné la fermeture soudaine des écoles, il y a un an, la professeure et ses collègues ont créé une plateforme numérique pour aider les parents à scolariser leurs enfants. Ce site, appelé Écollaboration, a connu du succès.

Le confinement et les risques de transmission de la COVID-19 dans les écoles ont entraîné un phénomène inédit : le nombre d’élèves retirés des écoles pour être scolarisés à la maison par leurs parents — sans l’aide d’un enseignant — a plus que doublé dans la dernière année (en passant de 5974 à 13 445). Émilie Tremblay-Wragg et son équipe ont décidé de pousser plus loin leur engagement en constatant cet engouement pour l’école à domicile : elles ont décidé de recruter six familles qui venaient de retirer leurs enfants de l’école, pour les aider à se lancer dans cette aventure.

De l’aide pour les familles

Les familles devaient s’engager à faire au moins un projet éducatif par semaine pendant 12 semaines et à produire une vidéo d’un des projets. Elles partageaient leurs impressions dans le groupe Facebook de l’Association québécoise pour l’éducation à domicile. Sa présidente, Marine Dumond, qui scolarise deux enfants à la maison, fait partie de l’équipe de recherche.

« Les parents qui font l’école à domicile ne sont pas des professionnels de l’éducation, ils apprécient d’avoir de l’aide pour faire le pont avec le ministère de l’Éducation », explique-t-elle.


Vidéo: La Commission Laurent publie son rapport (Le Devoir)

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