François Legault « ne regrette pas » ses propos sur l'immigration

François Legault a confirmé sa volonté de combler en priorité les postes vacants les mieux rémunérés. © Jacques Boissinot/La Presse canadienne François Legault a confirmé sa volonté de combler en priorité les postes vacants les mieux rémunérés.

« Je ne regrette pas ce que j'ai dit », a lancé François Legault, mardi, durant la période de questions à l'Assemblée nationale.

Le premier ministre a été pressé de questions par les partis d'opposition au sujet des propos, révélés lundi par Radio-Canada, qu'il a récemment tenus devant le Conseil du patronat du Québec.

François Legault y confiait son «obsession» pour «augmenter le salaire moyen au Québec». «À chaque fois que je rentre un immigrant qui gagne moins de 56 000 [$], j’empire mon problème. À chaque fois que je rentre un immigrant qui gagne plus de 56 000 [$], j’améliore ma situation», avait-il notamment assuré.

Le milieu des affaires évoquait la nécessité d'avoir recours à l'immigration pour combler des dizaines de milliers d'emplois disponibles.

«On a un sérieux problème de salaire moyen au Québec. On ne va pas faire exprès pour l'empirer», avait répondu le premier ministre, en disant ne «rien» pouvoir «faire» pour aider les entreprises qui veulent embaucher des «employés à 15 piastres de l’heure».

En réponse aux multiples relances du Parti libéral du Québec (PLQ), qui l'accuse d'être déconnecté de la réalité du marché du travail, le premier ministre a confirmé l'essentiel de ses déclarations.

«Notre priorité, c'est de combler les 32 000 postes [vacants] qui sont payés au-dessus de la moyenne», a clamé François Legault à l'Assemblée nationale. «Ce qu'on veut, c'est créer de plus en plus de postes à plus de 56 000 $ par année. Notre objectif, c'est de créer de la richesse et de s'assurer que les Québécois gagnent de meilleurs salaires.»

Plus d'immigrants économiques souhaités par Québec

L'ambition de son gouvernement, a-t-il insisté, est d'accroître le pourcentage d'immigrants économiques admis au Québec. À l'heure actuelle, cette proportion avoisine les 60 %. Il s'est cependant abstenu de parler précisément des seuils d'immigration.

L'écart de salaire moyen, avec l'Ontario, était de 9,8 % avant son élection, a souligné François Legault. «Actuellement, selon les derniers chiffres disponibles pour 2020, l'écart a été réduit à 8,4 %. Mon objectif, c'est de ramener ça à zéro», a-t-il poursuivi.

«Les Québécois méritent d'avoir des salaires aussi élevés», a-t-il lancé à la cheffe libérale, Dominique Anglade, en accusant les anciens gouvernements libéraux d'avoir voulu «créer des emplois peu importe que ça soit un emploi à 15 $ de l'heure ou à 30 $ de l'heure».

François Legault a également répondu fermement à Québec solidaire et à la députée Ruba Ghazal, qui s'est dite «profondément blessée» par son discours devant l'organisation patronale.

«Si je me fie aux propos du premier ministre, ma famille et moi, on est un problème pour lui», a-t-elle confié. Lundi, Manon Massé avait accusé le chef caquiste de «cracher sur les réfugiés».

«Le Québec actuellement reçoit toute proportion gardée, chaque année, plus d'immigrants que les États-Unis, plus que la France. On n’a pas de leçon à recevoir de Québec solidaire», a rétorqué M. Legault.

François Legault « ne regrette pas » ses propos sur l'immigration