Des pistes de solutions pour réduire la détérioration du Saint-Laurent

L'embouchure du fleuve Saint-Laurent, où les Grands Lacs se déversent dans la mer. © Facebook (Agence spatiale canadienne/NASA) L'embouchure du fleuve Saint-Laurent, où les Grands Lacs se déversent dans la mer.

Floraison d’algues toxiques, accumulation de matière organique, baisse de la concentration d’oxygène… Les maux qui frappent le Saint-Laurent et ses affluents se multiplient depuis les dernières années.

Bien qu’il existe plusieurs causes pour expliquer ces problèmes, un phénomène en particulier pourrait en être la pierre angulaire : l’eutrophisation, c’est à dire une hausse marquée des sédiments et de la matière organique dans les différents écosystèmes du fleuve Saint-Laurent. Un phénomène dont les causes et conséquences ont été au cœur d’un colloque d’une journée présenté mardi dans le cadre du 88e congrès de l’ACFAS.

Selon les différents scientifiques qui ont présenté leurs travaux lors de ce colloque, deux sources distinctes expliquent la transformation de la qualité de l’eau entre les Grands Lacs et l’estuaire du Saint-Laurent.

D’abord, il y a les eaux usées des villes, explique François Guillemette. Bien qu’il y a eu des progrès au cours des dernières années, ces rejets urbains ont encore des conséquences importantes pour le fleuve.

La seconde source vient des rejets agricoles, surtout sous la forme de nutriments comme l’azote, le phosphore et les nitrates, qui favorisent la croissance d’algues microscopiques. Leurs concentrations varient beaucoup en fonction du débit du fleuve et de la proximité de certaines rivières tributaires qui traversent des régions agricoles.

«On a mesuré des charges de phosphore dépassant les normes recommandées dans 68 % de nos stations d’observation, explique François Guillemette. En ce qui concerne l’azote, c’est 42% de nos stations qui indiquaient des normes dépassées.»

Des effets multiples

Les effets de cette augmentation de matière organique et de nutriments varient énormément selon les types de cours d’eau et la portion du fleuve à l'étude. Dans des milieux tels que les rives ou les eaux peu profondes, cela peut entraîner la prolifération de cyanobactéries, des algues microscopiques potentiellement toxiques entraînant des vagues de mortalité chez plusieurs espèces de poissons.


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