​Cinéma - «Oxygène» et «Undergods»: les futurs anxiogènes

Hasard ou signe des temps, deux films de science-fiction paraissant ces jours-ci abordent des préoccupations on ne peut plus actuelles liées à la pandémie: «Underdogs» (photo ci-dessus) et «Oxygène». © Red Arrow Studio Company Hasard ou signe des temps, deux films de science-fiction paraissant ces jours-ci abordent des préoccupations on ne peut plus actuelles liées à la pandémie: «Underdogs» (photo ci-dessus) et «Oxygène».

Hasard ou signe des temps, deux films de science-fiction paraissant ces jours-ci abordent des préoccupations on ne peut plus actuelles liées à la pandémie. L’un est un exercice quasi solo poussant à son paroxysme l’idée de confinement, l’autre est à l’inverse un film choral offrant maintes variations sur le thème du chaos social. Le premier s’intitule Oxygène et le second, Undergods.

Au début d’Oxygène, une jeune femme se réveille en sursaut. Or, plutôt que de l’arracher à un cauchemar, ce retour à elle la plonge dans l’effroi. En effet, elle ignore qui elle est et ne sait pas davantage où elle se trouve précisément. Tout ce qu’elle sait, c’est qu’elle est allongée dans une capsule de cryogénie impossible à ouvrir, et qu’elle ne dispose plus que de 33 % d’oxygène avant de périr asphyxiée.

D’emblée, on songe à la nouvelle d’Edgar Allan Poe, L’inhumation prématurée : « Être enterré vivant est certes la plus terrible des extrémités qui se soient jamais appesanties sur une créature mortelle », écrivait-il en guise d’introduction. Le décor, cette fois, a beau être vaguement futuriste, la perspective horrifiante est la même. Cela étant, le film ne commence pas, techniquement, dans l’unité de cryogénie. De fait, dans la toute première image, on aperçoit un rat de laboratoire qui tente de retrouver son chemin dans un labyrinthe aseptisé.

Brève, cette séquence d’ouverture reviendra comme un motif jusqu’à se juxtaposer au sort de la protagoniste qui, tel ce rongeur, avance à tâtons dans les méandres de sa propre mémoire.

Ces retours en arrière sous forme de bribes de souvenirs sont judicieusement imprécis et vaporeux, et viennent ponctuellement ouvrir le cadre volontairement exigu de l’action.

 

Mélanie Laurent vers le haut

Le pari logistique fait film qu’est Oxygène, le réalisateur Alexandre Aja (The Hills Have Eyes, Crawl), qui n’avait pas tourné en français depuis son succès Haute tension en 2003, le relève avec inventivité et savoir-faire.


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