33 000 employés de soutien scolaire affiliés à la CSQ en grève mardi

En tout, 19 centres de services scolaires de langue française et deux commissions scolaires anglophones sont touchés par cette grève d'un jour. © Stephane Mahe/Reuters En tout, 19 centres de services scolaires de langue française et deux commissions scolaires anglophones sont touchés par cette grève d'un jour.

Accusant le gouvernement Legault de faire preuve de mauvaise foi à la table de négociation, les 33 000 employés de soutien scolaire affiliés à la CSQ sont en grève toute la journée de mardi au Québec dans 19 centres de services scolaires et deux commissions scolaires anglophones.

Les syndiqués en grève dont font partie les éducatrices en services de garde scolaires, les secrétaires d'écoles, concierges, ouvriers spécialisés et techniciennes en éducation spécialisée souhaitent ainsi accroître la pression pour faire progresser les négociations qui s'étirent indûment en vue du renouvellement de leur convention collective.

«Pour la CAQ, c’est comme si nous n’existions pas. Et c’est la même chose aux tables de négociation. Les négociateurs du gouvernement étirent le temps, parlent de la pluie et du beau temps et n’ont aucun mandat», a déclaré en conférence de presse Éric Pronovost, président de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ).

Selon les syndiqués, le premier ministre Legault ignore délibérément la contribution essentielle qu'ils apportent chaque jour au système scolaire québécois.

Afin de ne pas nuire aux étudiants et aux enseignants, la FPSS précise qu'aucun piquet de grève ne sera érigé devant les écoles. Les syndiqués entendent plutôt démontrer au gouvernement que sans personnel de soutien, le réseau scolaire ne peut pas fonctionner.

M. Pronovost a aussi précisé que l'objectif de cette grève de 24 heures n'est aucunement de retarder les apprentissages scolaires des élèves, qui vivent une année particulière en raison de la crise de la COVID-19.

Précarité d'emploi

La précarité d'emploi est le principal point en litige. Plusieurs employés de soutien ont des horaires brisés, matin, midi et soir, ou ne travaillent que quelques heures par semaine, parfois seulement de 7 à 10 heures par semaine.

Selon Éric Pronovost, plutôt que d'embaucher du personnel, des centres de services scolaires préfèrent recourir à la sous-traitance.

À l'occasion de cette journée de grève de ses membres, Éric Pronovost et la présidente de la CSQ, Sonia Éthier, ont tenu en matinée une conférence de presse devant l'Assemblée nationale en compagnie de la porte-parole libérale en matière d'Éducation, Marwah Rizqy, du co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois et de la députée péquiste de Joliette, Véronique Hivon, venus exprimer aux grévistes leur solidarité.

Les syndiqués et les députés de l'opposition y ont notamment dénoncé l'indifférence du premier ministre face à leurs revendications et face aux fonctions qu'ils occupent dans le système d'éducation publique.

«Lors de la conférence de presse [de dimanche] pas une seule fois le premier ministre a dit "personnel de soutien scolaire". Pas une seule fois. Ça démontre à quel point il ne connaît pas du tout l’équipe-école. Qui ouvre et qui ferme l’école à la fin de la journée», a déploré la porte-parole libérale en matière d'Éducation, Marwah Rizqy.

Véronique Hivon, pour sa part, estime que les 33 000 employés de soutien constituent les fondations du système d'éducation québécois. «Tout notre système scolaire s’écroulerait sans vous», a-t-elle déclaré aux syndiqués.

La Fédération du personnel de soutien scolaire prévient le gouvernement du Québec que s'il ne présente pas rapidement d'entente satisfaisante au personnel de soutien scolaire, il pourrait y avoir d'autres débrayages. Le syndicat a obtenu des membres en janvier dernier un mandat de grève de cinq jours.

33 000 employés de soutien scolaire affiliés à la CSQ en grève mardi