Les minimaisons : une solution à la crise de l’immobilier?

De plus en plus de propriétaires s'intéressent à la construction de logements additionnels sur des parcelles non utilisées de leur propriété. © Elvis Nouemsi Njiké De plus en plus de propriétaires s'intéressent à la construction de logements additionnels sur des parcelles non utilisées de leur propriété.

Avec le marché de l’immobilier qui n’en finit plus de battre des records au pays, toutes sortes de solutions sont recherchées pour offrir des logements abordables, aux premiers acheteurs notamment.

Les minimaisons sont des avenues à explorer, selon Sarah Cipkar, doctorante au département de géographie et de planification de l’Université de Toronto et propriétaire de Cipkar Building.

«Je pense qu’avec les bonnes interventions gouvernementales, on peut utiliser les minimaisons pour nous aider à résoudre les problèmes qu’on a maintenant avec l’immobilier», explique-t-elle.

Sarah Cipkar est à la tête d’une équipe de recherche qui a récemment reçu un financement fédéral de 200 000 $ pour développer un outil de cartographie en ligne pour les minimaisons.

Elle explique qu’il y a peu de données en ce moment au Canada sur les minimaisons.

Son équipe de recherche devrait recenser et analyser les unités d’habitation supplémentaires qu’on appelle couramment des minimaisons. Il sera aussi question du profil des personnes qui vivent habituellement dans ce genre de maisons.

Toute cette recherche vise à déterminer si les minimaisons peuvent offrir des solutions de logement plus abordable aux Canadiens.

«Est-ce que nous pouvons rendre ces logements plus abordables? Est-ce que le gouvernement peut mettre en place de meilleurs règlements, plus d'incitatifs pour amener les gens à construire plus de logements et aider à résoudre le problème de la crise immobilière à laquelle notre pays fait face?», s’interroge-t-elle.

Les recherches de Mme Cipkar vont commencer par Windsor où elle réside avant de s’étendre au reste du Canada.

Une réglementation peu incitative

En l’état actuel des choses au Canada, les minimaisons sont surtout des logements supplémentaires, de plus petite taille [entre 40 et 100 mètres carrés à Windsor], construits dans la cour arrière de maisons.

Elles peuvent fonctionner de manière autonome puisqu’elles disposent de tout le nécessaire (eau, électricité, gaz), mais elles continuent d’être rattachées aux maisons principales.

Sarah Cipkar ne sait pas très bien comment évaluer sa propriété puisque les experts ne détiennent pas suffisamment de données sur les minimaisons. © Elvis Nouemsi Njiké Sarah Cipkar ne sait pas très bien comment évaluer sa propriété puisque les experts ne détiennent pas suffisamment de données sur les minimaisons.

C’est ce qu’a constaté Sarah Cipkar lorsqu’elle a voulu faire construire une minimaison derrière sa maison principale.

«En ce moment, on ne peut pas légalement les détacher et les vendre, mais je pense que si l'on peut mettre en place une loi comme celle des condominiums [...] des unités comme celles-ci pourront être vendues», explique-t-elle en désignant sa minimaison.


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