Deguchi et Klimkait : des mondiaux pour une place aux JO

Christa Deguchi et Jessica Klimkait se préparent pour les Championnats du monde à Budapest. © Kiyoshi Ota/Getty Images Christa Deguchi et Jessica Klimkait se préparent pour les Championnats du monde à Budapest.

Les Canadiennes Christa Deguchi et Jessica Klimkait ne s'attendaient pas à la décision de Judo Canada d'annuler leur face-à-face. Elles ont ainsi adapté leur entraînement en vue des Championnats du monde de juin, à Budapest, qui offriront à l'une des deux un billet d'entrée pour les Jeux olympiques de Tokyo.

Deguchi, no 1 du monde, s'entraîne dans la préfecture de Yamanashi, au centre de l'île principale du Japon, à 120 kilomètres à l'ouest de Tokyo.

Ayant la double nationalité, canadienne par son père, japonaise par sa mère, elle a choisi de représenter le Canada en 2017, mais elle s'entraîne au Japon, pays où elle est née et où elle a grandi.

La championne du monde en titre travaille quotidiennement pour être prête pour les mondiaux, plus particulièrement pour la journée du 8 juin, date à laquelle aura lieu le tournoi de sa catégorie de poids, les moins de 57 kg.

Christa Deguchi © CHRISTIAN HARTMANN/Reuters Christa Deguchi

Deguchi ne peut pas faire abstraction de la situation sanitaire encore préoccupante dans la capitale.

Mon entraînement se passe bien, les installations sont ouvertes à Yamanashi, et le virus ne frappe pas trop fort, a-t-elle écrit à Radio-Canada Sports. Mais les choses sont plus difficiles à Tokyo. J'espère que de plus en plus de monde au Japon pourra bientôt se faire vacciner.»

La no 2 des moins de 57 kg, l'Ontarienne Jessica Klimkait, s'entraîne à Montréal à l'INS Québec.

Comme le Canada n'a droit qu'à une représentante par catégorie aux Jeux, les deux athlètes se préparaient à une confrontation en juin sous la forme d'une série de trois combats, la gagnante de deux des trois obtenant son billet pour Tokyo.

Elles se connaissent bien et pouvaient adapter leur entraînement en fonction des forces et faiblesses de leur adversaire.

La pandémie qui perdure a obligé Judo Canada à changer ses plans. La nouvelle a été rendue publique le 23 avril.

La confrontation ne pouvant pas être organisée en sol canadien ni ailleurs, c'est à Budapest que l'une des deux recevra son laissez-passer en fonction du résultat du tournoi.

Christa Deguchi avait déjà son titre de championne du monde à défendre, acquis en 2019 à Tokyo, elle a maintenant un objectif en plus à atteindre.

La fédération n'avait pas d'autre choix que de s'adapter en raison de la pandémie, reconnaît Deguchi. J'ai donc ajusté mon entraînement, ma routine de travail pour me préparer pour les combats des mondiaux.»

Jessica Klimkait se préparait depuis longtemps pour cette confrontation, rien d'autre ne comptait pour elle.

Le protocole de qualification n'est plus le même, les circonstances ont changé, mais mon but reste le même», a-t-elle écrit à Radio-Canada Sports.

De toute façon, je savais que je devais être prête à combattre au début de juin. L'entraînement se déroule bien, malgré des restrictions toujours en vigueur, qui ne sont pas pires que ce qu'on subissait avant», fait-elle remarquer.

L'Ontarienne a été vaccinée, comme plusieurs athlètes, notamment les judokas, s'entraînant à l'INS-Québec à Montréal.

Jessica Klimkait © You Tube / IJF Jessica Klimkait

C'est une chose que de se préparer à se battre contre une seule adversaire, et à la battre pour obtenir son billet olympique. C'en est une autre que de savoir qu'il faudra traverser un tableau complet (quatre adversaires) dans un tournoi pour espérer aller aux Jeux.

Peu importe le format, je dois être dans la meilleure forme physique possible pour me battre du mieux que je peux. Je veux connaître un bon tournoi», a affirmé Klimkait.

Que ce soit une confrontation ou un tournoi, c'est aussi stressant, a admis pour sa part Deguchi. Peu importe le format choisi, moi, je sais que je dois être à mon meilleur niveau.»

Christa Deguchi a déjà dit que son objectif dans le judogi canadien était de devenir championne du monde et championne olympique. Elle a fait la moitié du chemin. Alors voudra-t-elle à tout prix défendre son titre ou assurer la participation olympique?

Je n'y pense pas pour le moment, a-t-elle ajouté. Je me concentre uniquement sur mon entraînement. Comme mes parents me l'ont enseigné, je dois faire de mon mieux et ne me préoccuper du résultat qu'après.»

Christa Deguchi (en bleu) et Jessica Klimkait © IJF Christa Deguchi (en bleu) et Jessica Klimkait

Comme elles sont no 1 et no 2, Christa Deguchi et Jessica Klimkait ne pourront s'affronter qu'en finale. Ce serait alors une reprise de la finale du Masters d'Antalya, en Turquie, le 1er avril.

Et Deguchi l'avait emporté en prolongation au terme d'un affrontement de très haut niveau de 8 min 18 s, soit 4 minutes de temps réglementaire plus 4 autres en prolongation, ce qui est épuisant pour les judokas.

Si elles se retrouvaient en finale des Championnats du monde, le Canada enverrait alors une championne du monde à Tokyo.

Deguchi et Klimkait : des mondiaux pour une place aux JO