The Killing of Two Lovers : Variation sur le triangle amoureux *** 1/2 [VIDÉO]

David (Clayne Crawford) accepte mal que sa femme ait pris un amant pendant leur pause... © Entract Films David (Clayne Crawford) accepte mal que sa femme ait pris un amant pendant leur pause...

CRITIQUE / Il y a des thèmes vieux comme le monde dont on pense avoir fait 1000 fois fait le tour, puis arrive une œuvre puissante qui, malgré son apparente simplicité, vous déchire les tripes. The Killing of Two Lovers explore une percutante variation sur le triangle amoureux dans auquel tout le monde peut s’identifier.

Le drame de Robert Machoian s’ouvre sur une séquence-choc : David (Clayne Crawford) braque une arme sur un couple endormi. Il s’enfuit ensuite par la fenêtre pour se réfugier à un jet de pierre, chez son père !

Puis il revient pour cueillir ses enfants et les reconduire à l’école…

Le portrait se précise peu à peu. Dans ce village rural entouré de montagnes, notre homme s’est marié trop vite avec Nikki (Sepideh Moafi) lorsqu’elle est tombée enceinte de Jess (Avery Pizzuto). Trois autres bambins plus tard, ils ont besoin d’air — elle surtout.

David, qui a mis de côté ses rêves de devenir chanteur, veut reprendre à tout prix; elle, pas mal moins. Surtout après avoir convenu qu’ils pouvaient aller voir ailleurs en attendant. Nikki a trouvé en Derek (Chris Coy), un macho imbu de sa personne, une source de contentement.

Le réalisateur, qui vient du documentaire, a choisi une approche minimaliste et attentive, par de longs plans, qui adoptent le point de vue du mari éconduit, mari pour lequel le spectateur ne peut s’empêcher d’éprouver de la sympathie.

Sauf que le bruitage, composé de cliquetis de train, d’animaux et autres, traduit le tumulte dans la tête de David. Bouleversé par sa jalousie et son sentiment d’impuissance, l’homme est un volcan bouillonnant sur le point d’exploser !

Ce qui induit une forme de suspense dans ce drame ordinaire se déroulant dans un milieu où tout le monde se connaît (les villageois prodiguent des conseils à David, qui n’en demande pas tant...).

Il faut souligner à ce propos l’interprétation à fleur de peau de Clayne Crawford (l’acteur, qui a joué dans plusieurs films indépendants, est plus connu pour avoir repris le rôle de Martin Riggs dans l’adaptation télé de L’arme fatale). Il s’avère d’une crédibilité sans failles, notamment lorsqu’il laisse apparaître son désarroi et sa vulnérabilité.

David adore ses quatre enfants, encore plus dans le tumulte qu'affronte son couple. © Entract Films David adore ses quatre enfants, encore plus dans le tumulte qu'affronte son couple.

Les trois garçons (des frères dans la vraie vie) se révèlent d’un naturel désarmant.

C’est d’ailleurs la plus grande qualité de Killing of Two Lovers : son authenticité. Jamais les rebondissements dramatiques et la tension ne semblent plaqués.

Certes, un cinéma d’auteur dépouillé à petit budget, mais les choix de mises en scène sont en parfaite adéquation avec ce drame intime à la profonde résonance.

Lors de sa présentation en première mondiale au Festival de Sundance en janvier 2020, le long métrage a retenu l’attention de la critique. Avec raison.

The Killing of Two Lovers est présenté en vidéo sur demande en version originale anglaise sur iTunes, Google Play, XBox, Rogers, Bell, Shaw et Télus.

Au générique

Cote : *** 1/2

Titre : The Killing of Two Lovers

Genre : Drame

Réalisateur : Robert Machoian

Acteurs : Clayne Crawford

Durée : 1h41

The Killing of Two Lovers : Variation sur le triangle amoureux *** 1/2 [VIDÉO]