« C'est mon plus gros combat » - Mandy Bujold

Mandy Bujold veut participer aux Jeux de Tokyo © Marie-Hélène Ratel/Radio-Canada Mandy Bujold veut participer aux Jeux de Tokyo

La boxeuse canadienne Mandy Bujold devra se battre jusqu’au Tribunal arbitral du sport (TAS) dans le processus de qualification du Comité international olympique (CIO) en vue des Jeux de Tokyo.

De son propre aveu, ce combat s’annonce comme le plus difficile de sa carrière. Bujold veut que soit infirmée la décision du CIO de ne pas tenir compte du fait qu’elle était en congé de maternité.

C’est durant cette pause que se sont déroulées les seules compétitions maintenant considérées pour qualifier les pugilistes des Amériques.

«C’est sûr que c’est mon plus gros combat! J’essaie de terminer ma carrière avec quelque chose aux Jeux olympiques. Je veux être là. Je veux ma chance de montrer tout le travail que j’ai fait dans le gym. Je sais que ça ne sera pas facile, mais on va s’assurer de faire tout ce qu’on peut pour avoir la chance d’être là», a indiqué la femme de 33 ans, mère de la petite Kate-Olympia, 2 ans.

Mardi, le CIO a rejeté la réclamation déposée la semaine dernière par Bujold et son avocate, Me Sylvie Rodrigue. Bujold entretenait l’espoir d’un meilleur accueil. Elle est déçue.

«Ce n’était vraiment pas la réponse que je croyais recevoir de l’organisation qui est à la tête des Olympiques, qui est censée être du côté des athlètes, mais qui ne fait rien pour moi», a indiqué Bujold.

Le facteur temps

L’échéancier pour l’obtention d’un jugement du Tribunal arbitral du sport pèse lourd pour la suite des choses. Les documents ont été livrés mercredi après-midi au siège du TAS à Lausanne, en Suisse.

Pour le reste, Bujold s’en remet à l’équipe de son avocate. Celle-ci lui offre gratuitement ses services et veut s’assurer que la cause soit entendue dans les plus brefs délais. Me Sylvie Rodrigue a confié comment elle comptait s'y prendre.

Par ailleurs, Mandy Bujold dit avoir reçu des messages de soutien d’un peu partout dans le monde de la part d’autres athlètes féminines disant avoir été elles aussi victimes de discrimination à la suite d’une grossesse.

Elle cite un cas où l’une d’elles dit avoir été privée de financement de la part des autorités sportives de son pays parce qu’on avait ni plus ni moins comparé sa grossesse à une maladie.

«J’ai eu beaucoup de courriels comme ça pour me montrer du soutien, des gens de partout autour du monde qui se demandent comment ils peuvent aider, ce qu’ils peuvent faire pour que l’on en parle plus, pour que ça retienne l’attention du Comité international olympique», a soutenu Bujold.

En attendant, elle continue de s’entraîner afin d’être prête advenant une décision favorable à son égard.

«J’essaie d’aller au gym, de faire mes entraînements, mais c’est dur parce que c’est une situation plus importante que je l’avais anticipée. Je sais que ça suscite beaucoup d’intérêt», a-t-elle ajouté.

«Je sais que ça (concerne) plus que moi et le fait d’avoir ma place. Je ne suis pas la première à faire face à cette situation et je ne serai pas la dernière. Je sais qu’il faut en faire plus pour les femmes qui prennent du temps pour avoir un bébé et être aussi des athlètes», a conclu Bujold.

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